Catholic Peacebuilding Network

Enhancing the study and practice of Catholic peacebuilding

The Church's Denouncement of Suffering caused by the LRA in the Congo


The church in the Congo has played and continues to play the role of watcher/overseer amidst violence and war. She has denounced the suffering endured by local populations as described in this account of incursions, arsons, pillages, kidnappings and executions perpetrated by LRA rebels in the Diocese of Dungu-Doruma, North-Eastern Congo.


DES INCURSIONS, INCENDIES, PILLAGES, ENLEVEMENTS ET EXACTIONS PERPETRES PAR LES ELEMENTS DE LRA

1. Situation géographique
Le diocèse de DUNGU-DORUMA est situé dans le nord-est de la R.D.Congo dans la province orientale. Il fait frontière majoritairement avec le Soudan et dans une moindre mesure avec la République Centre Africaine. Les diocèses voisins sont : Isiro-Niangara, Buta et Bondo. Sur le plan administratif, il est à cheval sur deux districts : Le Haut-Uélé et le Bas-Uélé. La superficie s’étend sur 44.000 km² et le nombre des habitants s’élève à environ 408.000 habitants. Les habitants sont répartis dans 11 grandes paroisses dont 6 sont concentrées dans un rayon de 50 km. Et sur les 11 paroisses, 7 sont directement celles qui sont directement concernées par le cas dont nous allons vous présenter la situation dans ce présent rapport.

La majorité de la population est constituée de l’ethnie zande, viennent ensuite, selon l’ordre d’importance les Barambo, les Madi, les Bakele, les Bakango et d’autres minorités venues d’ailleurs et qui se sont installées dans le diocèse. Mais toutes ces ethnies ont l’avantage de comprendre et de parler le « lingala », l’une des 4 langues nationales du pays.

La flore se caractérise par la forêt et la savane boisée propices aux cultures tropicales tandis que la faune est riche en espèces animales. C’est dans la région que se trouve le Parce National de la GARAMBA avec comme spécificité le rhinocéros blanc. Elle est traversée par plusieurs cours d’eaux dont 3 grands : Kibali, Uélé et Bomokandi.

Deux saisons divisent l’année : la saison des pluies de fin mars à mi-novembre et la saison sèche de mi-novembre à mars. La région est aussi riche en sous-sol : on y trouve plusieurs minerais (or et diamant principalement).

Dans les circonstances actuelles, l’Eglise reste un intermédiaire valable et son organisation est assez souple et assez pratique pour rentabiliser et réaliser des projets de développement parallèlement à l’évangélisation, et comme son corollaire naturel.

Dans le Diocèse de DUNGU-DORUMA, tout comme sur l’ensemble des districts du Haut Uélé et du Bas Uélé, zone d’action du projet, les effets de l’Etat congolais sur l’économie et la vie sociale sont pratiquement nuls. La zone d’action est plutôt une région parmi les plus défavorisées du pays à cause de sa position excentrique par rapport à la capitale Kinshasa et d’autres débouchés. Mais l’Eglise est ainsi obligée, de part sa mission évangélisatrice et humanitaire, d’y jouer un rôle de suppléance face aux défaillances de l’Etat. L’Eglise est alors fortement engagée dans des nombreuses actions de développement afin de soulager tant soit peu, la misère de la population. Malgré tout, elle supporte tant bien que mal toutes les charges dues à la santé, à la scolarisation des enfants et à la subsistance de familles. A ce dernier niveau, la femme joue un grand rôle dans la recherche des moyens de survie, mais son intégration dans les actions de développement comme interlocutrice et actrice digne de ce nom est encore timide à cause du poids de la coutume d’une part et son bas niveau d’instruction d’autre part.

2. Description de la situation

Contexte politique et militaire

Sept. 17, 2008

1. En début d’après midi, des éléments de la LRA (rebelles ougandais) en provenance de leurs différentes bases en territoire de Dungu (Lindimbia, Nakanga, Kiliwa et Limbwele) font irruption dans diverses localités entre autres Kiliwa, Nambia, Duru, Nakale et Bitima et Bayote, situé dans le Territoire de Dungu au sein du Diocèse de Dungu-Doruma et sèment la désolation sur leur passage Ils auraient agi en représailles contre les autorités congolaises et notamment les chefs coutumiers qui facilitent le désarmement des éléments de la LRA.

2. Partout ils ont pillé et incendié des maisons, des écoles, la Paroisse de Duru dont une partie de son presbytère a été complètement détruite ; Ils ont enlevé des personnes et en particulier des élèves. Ces événements se sont passés dans la zone comprise entre Duru-Dungu-Doru- Bitima-Bangadi et Doruma. S’agissant des élèves enlevés on cite les écoles suivantes : EP Kiliwa (40 élèves), Institut Duru (au moins 50 élèves et 3 de leurs enseignants). Des chefs coutumiers ont été enlevés de même que 3 Pères Combonniens (1 Italien et 1 Soudanais) de la Paroisse de Duru ont été torturés, tandis que un troisième se trouvait en brousse avec quelques uns de ses paroissiens avant de rejoindre ses confrères au Soudan d’où ils sont partis pour l’Ouganda.

3. La population s’est dirigée dans trois directions principales : Dungu (à partir de, Duru, Nambia, et Kiliwa), Ngilima (à partir de Bayote) et vers le Sud Soudan (à partir de Bitima). Ils ont dû emprunter des chemins de brousse pour éviter les LRA.

Sept. 18, 2008
1. Hier, le 18 des éléments de la LRA ont incendié ce qui restait des maisons de Kiliwa. La chapelle catholique et le centre de santé sont les seules maisons restées debout à Kiliwa.

2. Les premiers déplacés sont arrivés à Dungu Centre en début de soirée. De nombreuses familles déplacées sont séparées : des enfants ne savent ou ne se retrouvent plus avec leurs parents, et certains parents qui ont perdu toute trace les uns des autres. La plupart des déplacés n’ont pas eu le temps d’emporter quoique ce soit et se trouveraient actuellement dans une grande situation de vulnérabilité.

Sept. 19, 2008

4. Suite à une rumeur la cité de Dungu s’est très rapidement vidée d’une partie de sa population. Des élèves transportant des bancs de leur ancienne école de Kaka1 (15 km au Nord-Ouest de Dungu) vers une école réhabilitée a Gangalakido (5Km Nord-Ouest de Dungu) ayant rencontré des soldats de FARDC armées mais en tenue civile, la rumeur s’est répandue selon laquelle ces élèves ont été enlevés par des éléments de la LRA. Les autres élèves ont tout de suite quitté leurs salles de classes et le reste de la population a fui dans différentes directions.

5. Le dispositif mis en place par le chef de la Collectivité Wando (comprenant Dungu Centre) qui consistait à guider les déplacés vers des familles d’accueil n’a pas fonctionné la population ayant totalement fui et vidé le milieu. En début d’après midi des déplacés attendaient encore chez le chef de collectivité d’être guidés vers des familles d’accueil.

6. Selon l’Administrateur du Territoire, une information parvient selon laquelle, les FARDC progresseraient vers Kiliwa.

7. Dans la soirée la population de Dungu retourne progressivement et peu à peu dans la cité.

Actions en rapport avec le déplacement des populations

Une cellule de crise a été mise en place à l’initiative de la CARITAS DIOCESAINE en accord avec les Autorités locales pour parvenir à l’identification des déplacés et leur prise en charge.

Sept. 29, 2008 / DUNGU


Contexte politique et militaire

24 09 08

1. Le capitaine FARDC chargé des questions sociales et humanitaires a présenté un rapport selon lequel 447 personnes (117 femmes, 93 hommes, 36 vieillards, 103 filles et 98 garçons) parmi les gens qui étaient initialement regroupés à l’église de Kiliwa ont été transportés par la FARDC et déposés à la chapelle protestante de Li-Mayi à 20 km au nord de Dungu. Ces personnes n’ont pas de nourriture et manque de tout.

2. Selon le même rapport, 157 familles (soit 785 personnes) d’autres déplacés ont été recensées à Li-Mayi.

Sept. 25, 08

1. 3000 à 5000 manifestants sont descendus dans les rues de Dungu pour exprimer leur colère, par ce qu’ils se sentent abandonnés par les autorités locales, nationales et aussi par la MONUC qu’ils considéraient jusque là comme la seule mission capable de les sécuriser et qui, d’après les manifestants, venait de montrer ses limites. Encore faut-il ajouter que la MONUC a fait des promesses qu’elle n’a pas réalisées dont entre autre :

- Entretenir la route de l’aérodrome jusqu’à la cité de Dungu,
- Entretenir 45 km de route sur trois axes sortant de la cité de Dungu,
- Assainir la cité de Dungu,
- Financer des micros projets à impact rapide

Les manifestants qui poussaient des cris hostiles à la MONUC se sont attaqués à la résidence et bureau des MILOBS (Observateurs Militaires de la Monuc) où ils ont tout cassé et incendié une voiture. Ils ont pris en otage les Milobs qui ont été relâchés par la suite. Après, ils sont passés au bureau OCHA (malgré l’opposition d’un groupe d’entre eux). Ils ont cassé la clôture en bambou par derrière pour accéder au bureau. Ils ont pillé des fournitures de bureau, du matériel électrique, un ordinateur dell + imprimante HP 450 appartenant à la CEI (qu’un partenaire utilisait avant les manifestations), 5.020 $ de LWF (ONG qui utilise un local dans le bâtiment). Ils ont cassé les tiroirs, éparpillé les classeurs et fouillé systématiquement tous les documents.

Après OCHA, ces manifestants sont allés encercler, jusqu’à la tombée de la nuit, le domicile de l’Administrateur du Territoire tout en réclamant son départ de Dungu dans 48 heures.

Sept. 26, 08

2. Une délégation du gouvernement provincial conduite par le Ministre de l’intérieur (alors que les gens attendaient le Gouverneur) et composée de la Ministre provinciale de la santé et des affaires humanitaires, de plusieurs députés provinciaux, des responsables des services de sécurité et de la MONUC, est arrivée, a tenu une réunion avec les autorités et a remis lors d’un meeting populaire un petit lot des médicaments et une somme de 7 000 000 FC pour l’assistance des déplacés. Le Ministre a été hué lorsqu’il a tenté d’appeler la population au calme et à éviter de s’attaquer à la MONUC et aux humanitaires. La Société Civile a remis lors de ce meeting populaire sa pétition au Ministre de l’intérieur où on pouvait lire : Nous voulons obtenir le départ immédiat de la MONUC.

3. Après le départ de la délégation, le calme est revenu.

4. MSF Suisse est arrivé pour faire une évaluation rapide de la situation des déplacés.

Sept. 27, 08
1. Le Chef de Chefferie Wando a tenu le samedi 27 09 08 une grande réunion avec sa population (1500 à 2000 personnes) ayant comme objectif d’apaiser les esprits, rétablir le calme et restaurer l’ordre, afin de permettre aux humanitaires de venir et travailler dans la sérénité en vue d’apporter l’assistance aux personnes déplacées internes. A l’issue de cette rencontre il a été décidé :

1. De sensibiliser les personnes déplacées internes qui n’ont pas trouvé asile dans des
familles d’accueil et de les orienter vers l’ancien camp des réfugiés soudanais de Kpezu situé
à 18 km au sud de Dungu. Ce site présenterait les avantages suivants :
- Il est éloigné de la partie nord de Dungu considérée par la population comme un éventuelle porte d’entrée de la LRA
- Il y a un Centre de Santé et une école nouvellement réhabilitée
- Il y a plusieurs sources qui avaient été captées par Oxfam Québec
- Il y a des vastes espaces.

2. Une idée sort de la foule selon laquelle dans le cas où l’Etat ne prenait pas des dispositions pour sécuriser la cité de Dungu, les jeunes gens s’organiseraient en groupe d’autodéfense.
Observation : L’idée d’un groupe d’autodéfense est très dangereuse car cela pourrait aboutir plus tard à l’organisation d’une milice.

3. Une panique généralisée a gagné la population de Dungu ce samedi 27 septembre 2008 suite aux effets combinés de 4 rumeurs :

a. Les LRA auraient attaqué le village de Masabe (73 km E) et auraient l’intention de venir à Dungu via la route Faradje.

On aurait aperçu un groupe de plus au moins 300 éléments LRA au sud d’Aba se dirigeant vers le nord du Parc en direction de la base LRA de Lindimbia.

c. Une troisième rumeur fait état de près de 200 éléments LRA qui auraient été aperçus à la hauteur de Faradje (venant probablement de l’Ituri) et qui se dirigeraient vers le Parc.

d. La 4ème rapportée par le Chef de Chefferie Wando lors de la réunion qu’il a eue, dit qu’on aurait aperçu deux hélicoptères à la frontière RDC-Soudan, soit à la hauteur de Bitima, soit à la hauteur de Nabanga, déposant des soldats.

Cette panique a provoqué le départ vers le sud d’un grand nombre d’habitants du Quartier Ngilima à Dungu Centre.

L’insécurité qui règne présentement à Dungu Centre proviendrait :
1. Des rumeurs : les déplacements de la population de Dungu Centre du 19 et du 27 étaient consécutifs aux rumeurs.

2. Du fait que les entrées de Dungu du NO vers Ngilima et de l’Est vers Faradje ne sont pas sécurisées : la population croit que la LRA peut entrer facilement par là pour l’attaquer.

3. Du manque de communication entre les autorités, la MONUC, les FARDC d’un côté et la Société Civile de l’autre côté. La population ne comprend pas la mission des uns et des autres.

4. Des grandes attentes des communautés locales vis-à-vis de la MONUC (emploi, financement des projets), de la FARDC (chasser la LRA en un rien de temps), des organisations humanitaires (emploi).

5. Des attentes du profit à tirer au tour de la question des déplacés, d’où surestimation du nombre des personnes déplacées internes.

6. Une demande explicite a été formulé aux autorités (Administrateur du territoire) de prendre des dispositions pour :

e. Sécuriser la cité de Dungu ainsi que l’axe Dungu – Ngilima – Bangadi.

f. Etablir et entretenir une chaîne de communication avec la Société Civile.

28 09 08 :
La MONUC a tenu une réunion avec l’Administrateur du Territoire et le Chef de Chefferie Wando à l’issue de laquelle il a été dit que :

1. La MONUC s’engage à :

a) Installer une antenne de Radio Okapi à Dungu

b) Entretenir les 45 km des routes sur trois axes partant de Dungu Centre

c) Engager 20 à 40 jeunes gens pour l’entretien de la route aéroport – Dungu

d) Recevoir et examiner pour financement 6 projets prioritaires à impact rapide

2. Le Chef de Chefferie Wando :

a. Réunisse la Société Civile pour l’identification de 6 projets prioritaires à impact rapide et qui devront être soumis au plus tard le 30 septembre 08

Sensibilise la Société Civile à renoncer à la violence et s’engager à respecter les organisations humanitaires et la MONUC

Sept. 29, 08 :

a) Le Chef de la Chefferie Wando a réuni les organisations de la Société Civile et ils ont identifié les 6 projets prioritaires à impact rapide : Assainissement de la cité de Dungu, Construction du Stade Abbé Kossa, Construction du Marché central, Equipement des Foyers sociaux, Amélioration de l’habitat et Construction d’une école secondaire.

b) La Monuc a eu une réunion avec la Société Civile et la Commission Diocésaine Justice et Paix, lors de laquelle la MONUC a réitéré son engagement à réaliser ses promesses mais à la seule condition que la communauté accepte la MONUC, la laisse accéder librement à la cité pour amorcer les travaux de réfection du bureau des Milobs. Elle s’est aussi engagée à entretenir une chaîne régulière de communication avec la Société Civile. Cette dernière s’est aussi engagée à sensibiliser les communautés pour qu’elles laissent les humanitaires et la MONUC travailler en paix à condition bien entendu que la MONUC honore ses engagements. S’agissant de la sensibilisation, une discussion a tourné autour d’un appui substantiel à apporter à la Radio RTK (comme outil de sensibilisation) ; la MONUC a dit que si la Société Civile et la RTK parviennent à résoudre la question du générateur, elle pourrait apporter un appui ponctuel eu carburant.

c) Toutes les écoles n’ont pas fonctionné ce lundi 29 09 08 à Dungu Centre.

Actualités humanitaires

Mouvement des populations

Suite à une réunion organisée par la OCHA dimanche 28 09 08, regroupant les membres de la commission mouvement de population. On constate que le mouvement de la population continue. Les personnes qui étaient sur terrain rapportent que :

  • 10.928 personnes parties de Li-Mayi, Kiliwa, Nambili, Kpaika, Nambia, Duru, bref du nord se trouvent à Dungu et au sud de Dungu (7 à 30 km)
  • 10.000 personnes parties de Bangbi, Li-Molo, Kana, Napopo, Mbomu, Weneki se trouvent à Bangadi (125 km NO). Certains sont dans des familles d’accueil et d’autres sont regroupés dans un site à Bafuka. Le Médecin Chef de District qui était en mission à Bangadi – Doruma confirme avoir vu ces personnes et dit aussi que de Diagbe (160 km NO) à Doruma (210 km NO) la population n’a pas bougé et ces localités n’accueillent que très peu des déplacés.
  • 2.500 personnes parties de Tongotongo, Dikpoto, Anduala, Taduru, Gungu, Nambilo, sont à Ngilima.
  • Plus ou moins 20.000 habitants de Dungu se sont déplacés vers le sud. Mais ces personnes ont encore accès à leur ressources et la plupart vient pendant la journée faire les activités à Dungu et repartent le soir.
  • 9.485 personnes de Ngilima n’ont pas encore bougé et pourraient le faire si la LRA continue à frapper les villages proches ou même Ngilima.

Donc on a : 23.428 personnes parties précipitamment sans prendre des précautions utiles
20.000 personnes de Dungu font un déplacement préventif
9.485 personnes de Ngilima susceptibles de se déplacer au cas où il y aurait
Une autre mauvaise alerte et que se poserait le cas de santé.

30 septembre, 1er et 2 octobre 2008 / DUNGU
Contexte politique et militaire

1 L’Administrateur de la MONUC Dungu a décrit, ce 2 octobre au cours d’un échange avec une délégation de la MONUC Droits de l’Homme et OCHA, que le calme est revenu dans la ville de Dungu. Ce calme est la résultante d’une action de sensibilisation menée par la MONUC auprès de la Société Civile et de ses partenaires. Par ailleurs, selon cet Administrateur de la MONUC, il existe dans la ville un petit groupe de jeunes gens réfractaires, conduit par un congolo−malien qui constitue encore une menace. Ce groupuscule (dénommé Institut des Têtes Troublées (ITT) et composé de 30 à 50 jeunes gens voyous) serait lié indirectement avec la LRA. Des parents, dont les enfants avaient intégré ITT, s’étaient plaints auprès des autorités locales et de la chefferie, alors que ces dernières continuent de faire la sourde oreille. Selon des renseignements collectés par la MONUC, ITT effectuerait des trafics de diamant, d’ivoire … avec la LRA. A cet effet, la Police Nationale Congolaise est entrain de surveiller le mouvement du leader de ITT, dont on dit qu’il se trouverait présentement au parc de la Garamba.

2 Quoique la ville de Dungu reste sécurisée, le risque d’une attaque de LRA sur la ville n’est pas à écarter. Toutefois, le déploiement des militaires des FARDC (Garde Républicaine) de Kisangani à Dungu s’est poursuivi ce jeudi 2 octobre. Trois rotations sont prévues quotidiennement pour ramener d’ici une semaine 1500 éléments de la Garde Républicaine à Dungu. Ces troupes seront acheminées par la suite à Duru, Kiliwa. Ces militaires, selon l’Administrateur de la MONUC Dungu, auront une position défensive et ne feront que collecter des renseignements dans un premier temps. Gangala et Faradje (respectivement 75 et 147 km à l’Est de Dungu) seront les prochaines localités à être sécurisées par le bataillon intégré.

3 La cellule de crise s’est réunie, ce mardi 30 septembre 2008, pour adopter son règlement d’ordre intérieur. Cette structure s’est également penchée sur la question de l’assistance apportée aux personnes déplacées par le gouvernement provincial.

4 En termes de sécurité, l’Administrateur du Territoire considère présentement que la majeure partie de son Territoire partie frontalière avec le Sud Soudan au Nord et celle située à l’Ouest est envahie par les rebelles de la Lord Résistance Army LRA. Concernant la région comprise entre Dungu et Niangara, l’Administrateur du Territoire ne dispose pas davantage d’information. Il suppose que les LRA pourraient aussi l’envahir.

5 Au niveau de Dungu centre, l’Administrateur du Territoire a reçu de la part des FARDC l’assurance que les troupes gouvernementales contrôlent la situation à l’heure actuelle.

6 Un agent de la Direction Générale de MigrationDGM) a fait état, ce mardi 30 septembre, de l’arrestation d’un élément de LRA, accompagnée d’une femme, à Ngilima par les éléments de la force d’auto défense. A la dernière nouvelle, des sources ont renseigné que cet élément a été tué par la population et sa main amputée aurait fait le tour de la ville de Dungu.

Actualités humanitaires

1 Mouvement de population : d’après le chef de la chefferie, 35 combattants de LRA ont attaqué, en date du lundi 29 septembre, le village de Limolo 37km au NE de Bangadi. Ce dernier se trouve à 125 km au NO de Dungu. Cette attaque a entraîné le déplacement des populations vers Bangadi. Selon une personne déplacée de Limolo, les combattants de LRA exigent que les populations vident le lieu, car cette région leur appartiendrait. Pour le moment, on ignore encore l’effectif de ces personnes déplacées à la suite de cette récente attaque. D’après les informations fournies par un déplacé, les éléments de LRA projettent d’attaquer prochainement la localité de Bangadi. Ces éléments avaient chargé expressément ce déplacé de faire passer ce message aux autorités de Bangadi.

COORDINATION
Besoins à combler :
2 Faute d’organisation d’assistance humanitaire, on a constaté le retour de la population déplacée à Limayi, réconfortée par la position des FARDC sur le lieu. De plus, ces IDPs retournent pour retrouver leurs champs.

3 L’équipe de Medair Isiro, en mission d’évaluation à Dungu, a relevé qu’en plus d’une assistance en médicaments, les déplacés ont également besoin d’une prise en charge psychosociale. A ce propos, cette équipe entend faire un plaidoyer auprès de sa hiérarchie pour l’organisation d’un encadrement psychosocial en faveur des IDPs. En outre, cette organisation humanitaire cherche à trouver un moyen rapide de sensibiliser les IDPs sur le positionnement des médicaments sur certaines structures sanitaires pour leur prise en charge gratuite.

Assistance humanitaire :
1 Medair a fini, en date du 1er octobre, la distribution de kits basiques et kits petits centres au profit de Centres de Santé Dungu Uye, Bakoté, du poste de santé Camp Kpezu (ancien camp des réfugiés du HCR, située à 18 km de Dungu). De plus, Medair compte positionner kits petits centres à l’hôpital général de référence de Dungu pour soigner des IDPs présentant des cas compliqués.

Plaidoyer :
4 Au regard de la pression que les éléments de LRA exercent sur la partie Nord Ouest du Territoire, OCHA a plaidé auprès de l’AT de Dungu pour le déploiement de FARDC dans cette partie en vue de sécuriser les populations, au lieu de les déployer premièrement vers Faradje.

4 et 5 octobre 2008 / DUNGU
Contexte politique et militaire
5 Sur invitation de la OCHA, une rencontre est initiée au sein du Bureau de Agence. Elle regroupe l’Administrateur de la MONUC Dungu, délégation de la MONUC Droits de l’Homme venu de Kisangani, OCHA, les membres de la Société Civile, les membres des différentes Associations locales et autres plates-formes de la Société ainsi que les Représentants des toutes les Confessions religieuses de la place. L’objectif de la rencontre était d’expliquer clairement à toutes ces composantes et surtout à la Société Civile les Organisations humanitaires et de faire une nette distinction entre ces organisations et les agences humanitaires des Nations Unies et la MONUC qui est une mission militaire de maintien de la paix.

6 Plusieurs intervenants ont pris tour à tour la parole et au terme de la rencontre, la parole étant accordée à l’administrateur de la MONUC, ce dernier tout en promettant de faire remonter le drapeau de la Monuc dans la Résidence des Mulobs, a rassuré la Société Civile qu’elle se tranquillise car la ville de Dungu est sécurisée. Aucun LRA ne parviendra à introduire son nez au sein de la ville.

7 Dimanche matin les nouvelles circulent. Trois LRA ont été dénichés dans le quartier de Dungu-Bamokandi. La population met la main dessus et va droitement vers l’exécution rapide de tous ces éléments vers 7 h 00’ du matin. Une fois de plus quelle contradiction dans l’affirmation de l’Administrateur de la MONUC la veille de cet événement et la réalité trouvée sur terrain. C’est une consternation qui jette la population dans une panique et une psychose générale. Conséquence, après la messe et le marché, la majorité de la population et les enfants se sont retirés de la circulation, chacun avec les siens dans son coin.

8 Conséquences humanitaires : Avec tous ces événements, ce sont pratiquement toute la vie et toutes les activités du milieu qui sont arrêtées.

  • Il y a trois semaines ; jour pour jour les écoles ont fermé leurs portes.
  • La population sort le matin pour prendre les nouvelles et faire voir qu’il est sur place, mais le soir chacun prend sa tangente vers une destination que seul lui connaît.
  • Il y a une flambée des prix concernant les coûts des denrées alimentaires sur le marché
  • Manque de confiance de la part de la population au sujet de la présence de la MONUC et des FARDC présent sur terrain. D’où une phobie générale.

9 Le soir du même dimanche sur l’axe Dungu-Ngilima-Bangadi, nous apprenons qu’une bonne partie du village de Kana (Soronga situé au Nord-Est à 25 Km de Bangadi ) est incendiée par les mêmes LRA et que à Napopo où ils ont fait une incursion aussi, ils auraient effectué des pillages de 30 chèvres ainsi que d’autres biens et auraient emporté 5 personnes dont une femme et 4 hommes. Ensuite, ils ont tué 3 personnes dont une maman avec ces deux fils.

10 Lundi ; le 6 septembre 2008 lors d’une rencontre l’administrateur de la MONUC a réaffirmé :
- que Dungu était en Sécurité
- que les 3 éléments de LRA tués dimanche à Tungu ne sont pas venus attaquer Dungu ni espionner, mais qu’ils étaient venus avec l’intention de se rendre
- que l’axe Dungu-Doruma connaîtrait bientôt le déploiement des FARDC
- que l’objectif final de l’opération était de débarrasser le territoire de Tungu des éléments de LRA, selon une planification établit sur trois phases :

• Première : phase défensive = contraindre à déposer les armes
• Deuxième : phase offensive = le faire en utilisant la force

11 DE MANIERE GENERALE, pour le moment nous pouvons arriver à estimer de manière globale l’effectif des personnes déplacées à un chiffre qui peut remonter à 121.500 personnes déplacées éparpillées dans des villages chez des connaissances ou parentés, dont :
• 21.700 Enfants
•99.800 personnes âgées (vieillards, femmes et hommes)

12 N.B. Etant donné que le mouvement est loin d’être arrêté, il se fait que ce chiffre peut encore augmenter.

Voilà où nous en sommes rendus aujourd’hui. Pendant que nous attendions les résultats des pourparlers de Juba (Soudan) entre LRA et Uganda, et que nous discutions pour une sensibilisation en synergie en vue de la démobilisation volontaire des LRA et leur rapatriement en Ouganda, ils continuent leur parcours diabolique au mépris des dix commandements prônés au début.

Le sang des nos compatriotes qui gémit par terre doit nécessairement interpeller la conscience de nos dirigeants et surtout attirer une attention spéciale du côté de la communauté tant Nationale qu’internationale. Et vraiment notre peuple en a assez de vivre sur le sol de ses ancêtres comme un étranger. Car TROP, C’EST TROP, déclaraient autrefois nos Pères les Evêques dans un de leurs documents de la CENCO !

Au même moment que nous faisons parvenir ces nouvelles dans les oreilles de nos autorités hiérarchiques, nous lançons en même temps notre cri de détresse et d’alarme en face du monde, de notre Eglise particulière du Congo, de certaines Eglises sœurs et de l’Eglise Universelle en général, pour que nos observations soient prises en compte et que des assistances humanitaires soient organisées d’une manière où d’une autre en faveur de cette population locale, car veut ou veut pas, nous finirons par en être débordé un moment donné.

Fait à Dungu, le 06 octobre 2008

Abbé André WALIA, Chancelier de l’Evêché.

Abbé Côme MBOLINGABA, Directeur de la Caritas diocésaine

Source:http://www.cenco.cd